Culture

Roman-Les larmes de la fille aux pieds plats : Quand les pesanteurs de la tradition condamnent les femmes

‘’Les larmes de la fille aux pieds plats’’ est un roman de 136 pages sorti chez les éditions GNK au 4è trimestre 2022.
Avec ses 11 chapitres aussi accrochants les uns que les autres, l’œuvre met en relief les différentes facettes du sujet clivant de la place de la femme dans les sociétés traditionnelles africaines surtout dans la région de la Bagoué.

Utilisant un champ lexical aussi varié que soutenu, l’auteur Abdoulaye Sanogo Kapa expose au grand jour les pesanteurs des us et coutumes du village de Gbambiasso dans la Bagoué en mettant sur orbite les préjugés autour des filles aux pieds plats. La trame du roman est l’histoire Massougo, une fillette née avec des pieds plats au moment où son père Mory Diarra attendait impatiemment que son épouse Mafily lui donne enfin, son premier garçon, après la naissance de cinq filles. Doublement en colère, le père répudie son nouveau-né et refuse que l’enfant porte son nom. C’est sa grand-mère maternelle qui va l’accueillir et la scolariser. À l’école, Massougo est brillante. Le directeur de l’école du village va la prendre sous son aile et l’aider à réussir. Ainsi, elle va décrocher avec brio son entrée en sixième et de facto être la meilleure élève de toute la région de Bagoué. Une grande première pour le village de Gbambiasso. Elle est orientée dans un établissement d’excellence de filles dans la région. Le directeur va lui trouver un tuteur en ville qui s’avère être sa grande sœur, un médecin. Celle-ci va prendre en charge toutes les dépenses de la fillette. Massougo restera là-bas jusqu’à décrocher son Baccalauréat sans aller au village pour voir ni sa mère, ni sa grand-mère. Telle a été la volonté de sa mère et sa grand-mère qui tenaient à la mettre à l’abri des quolibets et aux railleries dont elle a été l’objet depuis sa naissance. Après son Bac C, elle est admise à la prestigieuse école de l’énergie pour faire un cycle ingénieur. À sa sortie de cette école, elle est nommée directeur d’exploitation, responsable du redressement de la société nationale d’électricité qui battait de l’aile. Pendant ce temps, elle était sous la pression de sa grand-mère qui lui demandait de se marier. Elle va rencontrer Silué Abdul, un courtisan qui a juré sur tous les toits de l’épouser. Profitant de cette position amoureuse, Abdul a pris l’étrenne de Massougo qui avait décidé de rester vierge jusqu’au mariage. Abdul la laissera tomber après au motif qu’il a des liens de parenté avec elle. C’est avec un homme politique appelé Charles qu’elle va se marier. Malheureusement, après plusieurs années de vie commune, les deux n’arrivent pas à procréer. Massougo fait toutes les analyses qui confirment qu’elle est fertile alors elle demande à son époux d’en faire de même et celui-ci pique une colère noire.

Charles la battait tous les jours à sang. Et un jour pour se défendre, lors d’une rixe, elle prend un couteau dans la cuisine et enfonce dans le ventre de son mari qui meurt. Elle a été jetée en prison et l’affaire faisait les gros titres des journaux. Des mouvements de soutien des droits de l’homme se jetaient dans le jeu. Abdul, aussi. Sous la pression, elle a été mise en liberté et elle s’est mariée avec Abdul, son premier amour. Entre temps avant d’aller en prison, elle avait offert des funérailles dignes à son père qui l’avait répudiée quand elle était bébé. Quant à sa grand-mère, elle a rendu l’âme sans avoir assisté au mariage de sa petite fille. Massougo, ayant repris ses fonctions, elle est arrivée à redresser la société nationale de l’électricité et le président de la République, content, l’a nommée ministre des mines et de l’énergie. Une première pour toute la région de la Bagoué pour une femme.

Mamadou Ouattara

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